La maison enchantee de Lincoln’s Inn Fields

sir-john-sloane-house-final.jpgIsa-la-marionnettiste m’avait parlé d’un petit musée éclectique sur un square prés d’Holborn, bourrés d’objects extraordinaires s’anglissisant par les ans – à savourer comme on savoure des scones à la clotted cream et à la confiture de fraise trempés dans du thé à la Bergamotte. Je décide d’aller le visiter un jour de pluie. C’est en fait la maison de Sir John Soane, un architecte du début du dix-neuvieme siecle, qui était aussi un grand voyageur et ramassait des choses en tout genre pour les entasser dans ses trois appartements georgiens, convertis en une drole de maison à la facade neo-classico-déco. Encastrée entre des maisons du dix-huitieme à pierre noire, toutes identiques et plutot formelles, elle dénote et je l’apercois de loin, en pédalant autour de Lincoln’s Inn Fields.

sirsoanehouse-wiz-border.jpgSur le muret de l’avant-cour, un panneau me dit d’attendre à la grille. Dix minutes passent sous mon parapluie et je grimpe, impatiente, les marches du perron. On me montre un porte-manteau, j’y accroche mon blouson et je m’enfonce dans un intérieur sombre aux meubles luisants et aux senteurs de cire. Des alcoves qui cachent des petits coins, des miroirs trompe-l’oeil, des vitraux gravés de scenes bibliques, une énorme éponge noire des bords d’une mer lointaine et un sacorphage du IIeme millénaire! La maison de Sir John Soane est un enchantement dans tous ses recoins, au bout de tous ses couloirs, au delà de ses fenêtres, qui donnent sur des arrière-cours au feuillage excentrique où s’entrelacent des nymphettes et chérubins. Les collections rassemblent des trésors de l’antiquité, des sirsoanehouse1-wiz-border.jpgbronzes de la Renaissance, des sculptures néo-classiques, de la porcelaine de Chine et des meubles en Ivoire des Indes. J’entre dans la salle des peintures et la série de huit tableaux de Hogarth, The Rake’s Progress, apparait sous mes yeux alors qu’un gentleman replie, comme des volets battants, deux lourds panneaux d’ou pendaient d’autres petits chefs-d’oeuvres – notamment une vue du Rialto Bridge de Canaletto. The Rake’s Progress raconte, avec la verve gaillarde de Hogard, les mésaventures d’un jeune aristocrate, Tom Rakewell’s, croulant sous ses dettes et ses immoralités pour finir dans le célebre Bethlehem ou Bedlam Hospital madhouse. Je suis enchantée d’apprendre que c’est en fait Madam Soane qui les a acquis aux enchères à Christies en 1802 pour 570 guinées. La bonne dame.

Je ressors de la maison de Sir John Soane avec le sourire de contentement de celle qui vient de découvrir un petit secret bien gardé – en fait, c’est un musée connu et reconnu par les fouineurs de Londres. A deux pas du British Museum, il vaut le détour du circuit classique des musées et galleries du West End.

http://www.soane.org/

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~ by lavivette on July 19, 2007.

One Response to “La maison enchantee de Lincoln’s Inn Fields”

  1. j’en rêve déjà…..

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