Mon coup de coeur parisien

tiina-heiska-patent-shoes.jpgFrancois et moi courons sous la pluie, quelque part dans le Marais, à la recherche de ce petit coin de jungle parisienne oublié des bulldozers et autochtones, que Francois avait découvert par hasard derrière un porche, en fumant sa clope avant un entretien d’embauche. Distraite par les vitrines de déco et les boutiques de frippes, je suis en dé-cadence, toujours à coté du parapluie, trébuchant sur le trottoir et manquant de justesse le vélib’ qui pédale a l’aveuglette dans la rue des Coutures St Gervais – jusqu’à ce que mon oeil gauche capte, à travers les gouttes d’eau, les contours flous d’une jeune fille aux tons gris, roses et jaunes qui s’offre aux regards des passants dans une large vitrine. Je m’arrête et, d’un acquiescement de tête forcé, Francois décide de replier son parapluie pour s’engager à son tour dans la gallerie Susan Nielsen.

Ma première réaction est de m’écrier ‘ah, du Degas contemporain!’ et de m’éverveiller sur cette grande toile d’une (jeune?) blondinette au balancement de jambe gracieux qui me rappelle les danceuses en tutu du fameux peintre impressioniste. La peinture de Tiina Heiska, au rendu flou et soyeux, presque lacté dans ses couches et replis, a quelque chose des pastels veloutés de Degas. Comme lui qui cadrait ses images de facon à ce que l’oeil du spectacteur tombe, litéralement, sur la scène, ou bien s’infiltre dans le jeu des personnages, Tiina Heiska compose ses toiles pour ne révéler qu’une chevelure blonde ou le bout d’une table de chevet, rendant la scène difficile à interpréter. Francois, lui, a l’impression de regarder à travers une pellicule de film. Suivant sa direction de pensée, mon regard se pose sur une huile peignant une jeune femme de dos, dans la pénombre, ses cheveux illuminés par un jet de lumière s’infiltrant dans la piece. Sur la toile d’à coté, elle est renversée sur le lit, la lumière a changé subrepticement de ton. On a l’impression de plonger au coeur d’un film de David Lynch, où la sensualité qui flotte, ambivalente, et la doucereuse lumière qui baigne la chambre se mèlent dangereusement à l’énigme d’un soir.

Tiina Heiska Tiina Heiska

Tiina Heiska, Patent Shoes, Gallerie Susan Neilsen, 14 rue des coutures St Gervais, Paris

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~ by lavivette on October 6, 2007.

One Response to “Mon coup de coeur parisien”

  1. […] Heiska remains one of my favourite woman painters working today, having discovered her by chance in a Parisian gallery a few years ago. Her series Butterfly Caught is her most attractive work to-date. Its small, intimate scale and its […]

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