La petite fille et le skycrapper

petite-fille-et-skycrapper.jpg Beaubourg, salle 19, il est presque 21h, je m’assois par terre et je mate, avec la petite fille chevauchant le mur, les skycrappers qui s’imposent devant nous jusqu’à en dégager les nuages du ciel. On the Wall de Weng Fen fait partie d’une série de photographies où figurent des écolieres, à cheval ou derrière un mur symbolique qui les sépare de l’univers de la ville, une city moderne et attrayante dans sa splendeur urbaine et hautaine. La prise de vue, faisant s’aligner un à un les buildings et s’élancer au centre une tour immense et futuristique, accentue l’artifice urbain, et c’est une scène figée, fausse, hors de portée humaine qui se découpe devant nos yeux. La tour centrale, phalique et puissante, fait jaillir l’innocence et la fragilité de la petite fille. Pour cette spectatrice en herbe comme pour moi, la city fascine et repousse, et celle de Weng Fen reflète cette tension entre l’attrait brut et violent de la vie contemporaine et la douce nostalgie du passé. Elle est certainement loin d’évoquer mes rêves d’enfance, cachés au fond de tiroirs secrets et de bois enchantés, parfumés de senteurs humides de vieilles pierres, de champignons et de chicorée. Au loin, à travers la paroi vitrée de la salle, je vois briller les lumières de Paris et imagine, bien au-delà des toits, la campagne balleurienne de mes aieux où j’irai passé Noël, dormant paisiblement sous le givre blanc.

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~ by lavivette on January 4, 2008.

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